Ouagadougou et Ouahigouya, Burkina Faso

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Pour nos derniers jours au Burkina, début Septembre (2011), nous nous sommes divisés en deux groupes. La majeure partie d’entre nous a souhaité retourné à Bobo pour passé du temps avec Rachid et ses amis. Louise, Anaïs et moi, avons choisi d’aller directement à Ouaga, que nous n’avions pas vraiment eu le temps de visiter à l’aller.

Nous avons pris le bus toutes les trois, à quelques jours de la fin du Ramadan. La capitale étant à 400 kilomètres d’Orodara, le trajet en bus a été long. Plusieurs burkinabè avaient, avec eux, des poules qu’ils amenaient probablement à Ouaga pour fêter l’Aïd. Et des heures de bus avec des poules qui battent des ailes à ses pieds, c’est une expérience à vivre au moins une fois. Le trajet était assez irréel: fatiguées, on ne pouvait pas s’arrêter de rire. On a même écrit une ode à ces poules qui piaillaient.

On est arrivé dans la maison de Boureima tard le soir. Le lendemain, jour de l’Aid, on a décidé d’aller au centre d’artisanat de la ville, comme le conseillait le Routard. Mais forcément ce jour là, la plupart des artisans avaient fermé boutique. On s’est tout de même avancé dans le centre. Anaïs a commandé un bracelet d’argent sur mesure, Louise et moi avons acheté un mobile en bois pour des bébés qui allaient naître dans nos familles. Et puis, au détour d’une allée, on est tombé sur des hommes en train de boire du thé, assis par terre. On s’est approché pour regarder les objets en cuir. Louise et moi avons acheté des couteaux touaregs pour les offrir et on a commencé à discuter avec les touaregs. Au bout d’un moment, ils nous ont proposé de boire du thé avec eux. Dans la culture touareg, refuser un thé est très malpoli. On a accepté et Mustafa nous a expliqué que nous allions boire trois thés: « le premier thé est amer comme la mort, le second est doux comme la vie et le dernier est sucré comme l’amour. »

On est resté là longtemps à discuter de tout: de notre voyage, du Burkina et de leur région d’origine au nord du pays, de la culture française, de politique… On a passé un super moment et Mustafa nous a alors proposé de revenir le lendemain. On partagerait un repas avec eux et ils nous apprendraient à faire un plateau en cuir chacune. On a immédiatement accepté !

Le soir, tout le monde était arrivé chez Boureima. On leur a parlé de notre rencontre avec Mustafa et les autres artisans, et de notre rendez-vous avec eux le lendemain. Claire et Manon nous ont demandé de participer et cela n’a pas posé de problème à Mustafa.

Le lendemain, on a pris le taxi pour le centre d’artisanat. Et le cours à commencé. Il a d’abord fallu choisir la couleur de notre plateau. Nous avons nettoyé nos peaux de chèvre puis l’un des tanneurs les a teint. L’odeur des peaux était très forte. On a ensuite assemblé des pièces en bois pour former la base de notre plateau. Puis, avec un bon couteau, on a coupé les peaux en suivant les directions de Mustafa. Il a fallu déposer parfaitement la peau sur chacun de nos plateaux, puis la coller. En attendant que la colle prenne, on a déjeuné pour fêter la fin du Ramadan. Des pâtes avec de la viande de la viande de mouton que nous avons mangé sans couverts, avec les mains. On a évidemment eu un peu du mal à ne pas s’en mettre partout mais c’était délicieux.

Après le repas, on a entamé la phase plus créative. Avec un marteau et un poincon, on tapait sur le cuir pour y inscrire des symboles. Le travail était minutieux, fastidieux. Pour marquer le cuir, il faut taper fort mais… pas trop quand même. Mustafa et les autres ont eu le plus grand des fous rires quand j’ai tapé trop fort et percé le plateau de part en part. A travers le cuir, à travers le bois, et à nouveau à travers le cuir. De toute leur carrière ils n’avaient jamais vu ça: j’ai une force surhumaine, qui l’eut crû ?

Cette journée est sans doute l’un de mes meilleurs souvenirs au Burkina ! Et le plateau s’affiche fièrement sur ma table basse depuis…

Avant de repartir pour la France, on a eu l’opportunité d’aller à Ouahigouya avec des étudiants burkinabè que l’on avait rencontré à la ferme, lors de l’université d’hivernage. Sur le campus de Ouaga, on a rejoint une cinquantaine d’étudiants et on est parti en bus. Je me rappelle que le trajet a duré longtemps parce qu’on ne faisait que de s’arrêter. On s’est finalement rendu au palais du roi du Yatenga, région dont Ouahigouya est la capitale. On a rencontré le Naba de la région. Il est le descendant de la lignée des rois du redoutable empire Mossi du Yatenga et n’a plus de véritable pouvoir aujourd’hui mais tout le monde le respecte.

Le soir, on a dormi dans une école vide. Et le lendemain, on est allés voir des crocodiles. On étouffait dans le bus, j’ai pris beaucoup de photos de nous, dégoulinants de sueur et tout collants mais je vous les épargne !

En fin d’après-midi, on a pris le bus pour rentrer à Ouaga et deux jours plus tard, on a repris l’avion pour la France.

THE END !

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