McLeod Ganj, Inde

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Delhi-McLeod Ganj

Le trajet en bus de Delhi à McLeod Ganj a mis des heures. 12 heures. Le bus était d’un confort très sommaire et n’avait pas la clim mais malgré tout j’ai dormi. J’ai fait connaissance avec mon voisin d’à côté quand, au milieu du trajet je me suis réveillée la tête sur son épaule, sa tête par dessus la mienne. Parce qu’on renonce rapidement à avoir son espace personnel pendant un long trajet. Tout le monde transpire, tout le monde est collant, ça crée des liens.

Les passagers du bus ont enchaîné les siestes entre chaque arrêt, toutes les trois heures environ. « Dinner, dinner, dinner » et klaxons incessants : voilà la charmante façon qu’a trouvé le chauffeur pour nous annoncer les pauses pipi. Et puis, j’ai dormi un long moment pour finalement me réveiller à quelques kilomètres de McLeod Ganj, un petit village de l’Himachal Pradesh où s’est réfugié le Dalai Lama.

Il était tôt et nous avons pris le petit déjeuner avec nos jeunes guides. Du chaï tea et des momos – des énormes raviolis vapeur farcis à la viande de yak. Une variante sympa aux Chocos de Kellogs.

Le village, accroché à la montagne, était une vraie bouffée d’air. La chaleur de Delhi et le sentiment d’être oppressé se sont immédiatement envolés. McLeod Ganj respirait l’esprit zen des moines bouddhistes.

Ma famille d’accueil

Nous venions passer une semaine à McLeod pour fournir du matériel scolaire à une école et en repeindre une autre. Pas question d’aller à l’hôtel, l’association avec laquelle nous travaillions nous avait réparti par deux chez des réfugiés tibétains, qui étaient bien sur rémunérés pour nous accueillir. Je me rappelle avoir découvert notre maison à l’extérieur du village, sous la pluie. Elle devait faire seulement une vingtaine de mètres carrés alors qu’une famille de sept personnes y vivait pourtant. La mère, qui parlait anglais, le père, cuisinier du Dalai Lama, les deux petits garçons de 5 et 8 ans, la sœur de la mère, venue de Delhi voir le Dalai Lama, et les deux grands parents maternels. Il y avait une chambre et une pièce principale, une minuscule cuisine et une minuscule salle de douche.

Marina et moi étions très gênées de les déranger pendant une semaine alors qu’ils étaient déjà à l’étroit. Quand on a compris que le couple nous laissait sa chambre et que toute la famille dormirait ensemble dans l’autre pièce, on a d’abord voulu refuser. Mais la mère nous a expliqué qu’un refus serait un affront, et insulterait le sens de l’hospitalité de sa famille. Alors on a accepté et avons essayé de nous rendre utile autant que possible pendant cette semaine.

On a beaucoup échangé avec la mère et sa sœur sur l’Europe dont elles rêvaient, et la difficulté de la vie en Inde. Les femmes du village tissaient beaucoup une partie de l’année et partaient ensuite plusieurs mois à Delhi pour tout vendre. De cette manière la famille réussissait à payer l’école des deux garçons. Puisque le père était cuisinier, nous avons découvert les plats typiques tibétains et nous lui avons appris à faire des crêpes, qu’il a ensuite fait au Dalai Lama (!!) qui a adoré.

Le projet solidaire

Après avoir apporté le matériel scolaire aux écoles, nous avons passé plusieurs jours à en repeindre une autre. Les murs tombaient en lambeaux à cause de l’humidité, y peindre une fresque a été assez fastidieux. Mais l’association nous a remercié pour notre travail.

Août 2008: manifestations contre les JO de Beijing

En arrivant à McLeod Ganj, j’avais beau m’intéresser à l’histoire, personne ne m’avait jamais parlé du conflit sino-tibétain. Les réfugiés tibétains du village nous ont donc longuement expliqué l’histoire de ce conflit et son impact sur l’actualité. Alors je sais, on pourrait dire qu’avoir une seule vision de l’histoire est inutile. Mais je n’ai pas senti dans leur discours le moindre appel à la haine. Ils ont du fuir leur région natale parce que rester en Chine devenait invivable. Ils ont traverser l’Himalaya pendant des mois. Et à ce moment là, autour du Dalai Lama, ils voulaient lutter pacifiquement contre le gouvernement chinois. Les J.O de Pékin étaient le symbole de ce pouvoir qu’ils voulaient contester. Pendant des jours, ils ont donc décidé de manifester. Et nous les avons accompagné, avec des T-shirts Free Tibet, et des banderoles pour attirer les regards des journalistes venus de l’étranger. Tout le monde marchait dans le calme, l’idée était de ne pas faire de vague. A la fin des manifestations, tout le monde s’est retrouvé au temple du Dalai Lama pour écouter son discours, que j’ai pu rencontrer à cette occasion. Les appareils photos et caméras étaient interdits mais je me rappelle d’un discours très pacifique. Quand il est reparti en voiture, ses gardes du corps couraient derrière. Le charisme de ce leader pacifique m’a marqué pour toujours.

Le départ

Au bout d’une semaine, aucun membre du groupe ne voulait quitter McLeod Ganj. On a hésité à y rester plus longtemps et donc à renoncer à plusieurs villes du Rajasthan. Après réflexion, on a décidé de ne pas changer notre itinéraire mais le départ a été très triste. J’aimerai beaucoup y retourner un jour.

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