Agra, Inde

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Arrivés à Agra très tard un soir, il fallait trouver un hôtel. Pour cette dernière étape, on s’offre un hôtel un peu plus confortable.

Le premier matin on se lève 4 heures du matin pour voir le Taj Mahal au lever du soleil. Vous le savez surement, il s’agit d’un mausolée de marbre blanc qui change de couleur au fil des heures. Un empereur l’a fait construire en mémoire de sa femme, morte en donnant naissance à leur quatorzième enfant. A l’aube, il y a peu de monde mais, rapidement, le Taj Mahal est noir de monde.

Je me rappelle avoir passé l’après midi dans un cinéma, devant un film bollywoodien. Des couleurs et un scénario à l’eau de rose. Tellement kitsch mais à voir au moins une fois.  On finit avec un Mcdo indien… pas si dépaysant finalement.

Au bout de deux jours, on rentre à Delhi. En train, le trajet dure 4 heures. En seconde classe, on est avec beaucoup de monde; assis sur des lits couchettes. Les femmes en bas, les hommes en haut. Symbolique. Moi, je suis en sarouel, et vu que « l’étage des femmes » est bondé, je choisi d’escalader le lit pour rejoindre les hommes. Tout le wagon est surpris, choqué peut être aussi, du fait que j’ose franchir cette barrière.

Je me retrouve donc avec des hommes qui veulent à tout prix me trouver un mari. Deux jeunes sont candidats. Ils me parlent de Roméo et Juliette, trouvent que je ressemble à Hermione dans Harry Potter. Ils rêvent de se marier par amour et pas après un arrangement entre deux familles. Ils sont très, très fleur bleue. Un homme, plus vieux, essaye de négocier ma main. « Contre 10 vaches, ça irait à tes parents ? » Bien sûr. Malgré mon refus, on parle pendant le reste du trajet des différences de culture, surtout au niveau du mariage, et c’est très intéressant.

De retour à Delhi, je suis surprise: je ne suis pas choquée comme à l’arrivée. Ni par le bruit, ni par l’odeur des ordures. Je me suis habitué à cet aspect de l’Inde aussi. On retourne dans le vieux Delhi, à deux pas de notre premier hôtel. Les chambres sont très spartiates mais il y a une vieille télé sur laquelle je regarde Pursuit of Happiness avec Will Smith. On se couche tôt car le départ pour l’aéroport est  à l’aube. On attend notre avion, on embarque et … on attend finalement 6 heures à bord de l’avion avec de décoller. Ce retard nous fait manquer notre correspondance à Londres. Mais British Airways est au petit soin et nous paye à chacun une chambre à 300 livres la nuit dans un hotel de luxe à l’aéroport. A peine revenus d’Inde, le fossé est énorme. On n’est pas très l’aise avec cette richesse soudaine. On décide de partager nos chambres pour ne pas en monopoliser une quinzaine inutilement. L’hôtel est très haut de gamme. En me jetant sur le lit, j’ai l’impression de flotter sur un nuage. Au dîner, le buffet propose toute la nourriture du monde. En une journée on passe d’un extrême à l’autre, c’est assez bizarre mais on est tellement épuisé après un mois en Inde que, mine de rien, ça nous repose. A 5 heures du matin, on s’envole pour Paris, d’où je prends un train pour Grenoble.

A mon retour en France, je me sens en décalage. J’oublie de boire l’eau directement au robinet, je m’émerveille quand, au réveil, ma peau n’est pas noire de poussière. Après, on oublie rapidement qu’on est privilégié et le confort redevient banal. Mais ce voyage reste le plus marquant. Parce que c’était mon premier dans un pays plus pauvre et parce c’était l’Inde. Tous les gens qui y vont parlent de voyage bouleversant, qui marque pour toujours. Je pense la même chose. Aller en Inde, sauf si on se contente d’être dans des palaces au bord de l’eau, c’est intense. On voit des choses terribles et on vit des moments magiques. Quoiqu’il en soit, ce voyage m’a appris énormément et m’a donné le gout du backpacking. Je n’imagine pas voyager autrement, pour le moment.

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